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Dimanche 16 mars 2008 7 16 /03 /Mars /2008 17:34


A la vie, à la mort...!

Je pense, à ma vie, à mes sentiments, à tout ce que je ressens, à ce que je suis et ce que j'aimerais juste être, à ceux que j'aime et ceux que je n'aime pas, à ce que j'aimerais dire et ce que je ne veux pas dire, à cette colère qui m'envahit parfois, à cette tristesse et cette douleur qui me fait mal, je pense tout simplement, et j'aimerais ne plus le faire ou alors ne plus m'arrêter de le faire, je ne le sais même pas...

Il est 7h00, mon réveil sonne. Je me lève, et comme chaque matin, prends une douche, m'habille, mange une pomme et pars en cours, sans dire au revoir. De toute façon que je le dise ou pas, je sais que je ne recevrai pas de réponse. Je vis ici comme un fantôme, personne ne me voit, personne ne m'entend, donc personne ne me parle. C'est ce dont je me suis convaincu, il y à quelques mois.

Il est 7h30, je marche dans la rue, le vent me glace le visage, s'engouffre dans mon long manteau noir. Les gens autour de moi semblent heureux, ils sourient, rigolent... Leur joie me fait mal, leur bonheur me tue, leur visage souriant m'énerve. Pourquoi moi je ne peux pas être heureux ? Pourquoi je ne peux plus sourire ?...

Il est 7h50, je suis devant mon lycée. La cloche vient juste de sonner, les élèves se pressent de rejoindre leur classe, pour débuter leur premier cours de la journée. Certains marchent plus tranquillement, d'autres ne bougent même pas, attendant simplement. Attendant quoi ? Je ne sais pas, le temps qui passe, peut-être.

Il est 7h55, je rentre dans une salle de classe, la salle de maths pour être plus précis. Cette salle dans laquelle je suis resté un nombre incalculable de fois après les cours. Cette même salle, dans laquelle j'ai vécu les plus beaux moments de ma vie. Cette même salle, dans laquelle j'ai tout perdu aussi...

Il est 8h00, le professeur arrive. C'est un homme, il doit avoir la cinquantaine, les cheveux en couronne sur son crane, laissant le haut de sa tête complètement dégarni, ce qu'il lui reste de chevelure et sa longue barbe sont parsemés de gris, et même de blanc. Il est assez petit et grassouillet. Avec son ventre rebondi et sa barbe presque entièrement blanche il pourrait faire penser au Père-Noël, sauf que ses yeux globuleux reflètent plus de méchanceté que de gentillesse. Son prédécesseur était bien plus attirant, bien plus gentil...

Il est 8h30, le cours se poursuit sans encombre, les meilleurs élèves sont au premier rang, attentifs à tout ce que peu dire le prof', les moins bons n'écoutent qu'à moitié, les autres sont au fond, n'écoutant pas, comme d'habitude. Et moi dans tout ça, c'est comme si je n'étais pas là, personne ne fait attention à moi, je ne fais attention à personne.

Il est 9h00, le cours est enfin fini. Je me lève, je n'ai pas besoin de ranger mes affaires puisque je ne les ai même pas sorties. A chaque fois que je me retrouve dans cette salle mes souvenirs me submergent. Des images me reviennent en mémoire... Je hais tout comme j'adore ces moments là. Je revois son sourire, ses yeux si magnifiques, d'un bleu si éclatant. Je ressens sa douce chevelure glisser entre mes doigts, ses cheveux blonds, mi-longs, lui retombant sur la nuque. Je me revois passer ma main sur cette dernière, rapprochant nos visages, rapprochant nos lèvres l'une de l'autre. Je perçois encore son souffle chaud contre mes lèvres.

Il est 9h05, je suis dans les toilettes. Repenser à lui me fait à chaque fois de plus en plus mal. Je fais couler l'eau dans le lavabo et m'en asperge le visage. Sur ce dernier des gouttes d'eau, mais aussi des larmes que je n'ai pas réussi à retenir, coulent lentement le long de mes joues, sur mon menton, finissant dans mon cou. Je regarde un instant le reflet que me renvoi le miroir en face de moi. Un jeune homme d'environ 17 ans, les cheveux noirs, mi-longs, à la mode emo/visual kei, des yeux bleu, dont tout éclat a disparut. Un visage fin, harmonieux. Des lèvres fines, un nez légèrement retroussé. C'est certes un bel adolescent mais aucun sentiment de joie n'anime son visage, plus aucun sourire depuis bientôt 6 mois, les yeux rougis par les larmes. Il est certes beau mais trop triste pour qu'on ait envie de s'en approcher...

Il est 9h45, la cloche sonne la pause de 10h00. J’étais retourné en cours après mon passage aux WC. Maintenant je me dirige vers la cours. Je m'assoie sur mon banc habituel. Personne ne vient me déranger. Je sais que je peux être tranquille. On ne vient jamais me voir, comme si je n'existais pas... Mais cela ne me dérange pas, au contraire, je suis ainsi libre de faire ce que je veux.

Il est 9h55, je suis encore sur mon banc. Le regard dans le vide. Je ne vois rien, je ne perçois plus rien. Je ne sens donc pas cette personne s'approcher de moi, je ne la sens pas se poser sur le banc à quelques centimètres de moi. Ce n'est que quand cette personne pose ses lèvres sur les miennes que mon esprit semble regagner mon corps. Cette sensation !! Elle se détache de moi. Je tourne lentement la tête vers elle. Les larmes coulent sur mon visage sans même que je ne m'en rende compte. On dirait bien que mon corps l'a reconnu avant moi. Mes yeux se posent sur cet individu à mes côtés. Je me fige. Ce n'est pas possible. C'est LUI ! LUI !! Je pleure encore plus. Il est bien là. Devant moi. Je ne peux pas le croire. Nous n'avons plus le droit de nous voir. Il nous est interdit de nous parler...!

Il est 10h00, je ne détache pas mon regard de lui. Il me prend tendrement dans ses bras. Me sert tellement fort. Son parfum. Il passe doucement sa main dans mes cheveux afin de me calmer. Son corps si près du mien. Jamais je n'aurais cru le revoir un jour. S'en est trop, je le sers aussi contre moi. Je ne veux plus jamais le laisser partir. Mes sanglots se font plus forts. Je pleure toutes les larmes de mon corps. Je suis si heureux de le revoir, mais j'ai tellement peur qu'il reparte. Je ne le supporterai pas. Pas cette fois.

Il est 10h00, nous sommes toujours sur ce banc. La récré' est bientôt terminée. Mais je ne veux pas le lâcher. C'est lui qui le fait. Il me regarde droit dans les yeux. Il sourit. Sa main vient caresser ma joue, sécher mes larmes. Puis soudain il se lève. Me laissant là. Il va m'abandonner ici. Pourquoi ?!... Mais il se retourne et me tend la main. Je ne réfléchis pas et le suis sans réfléchir.

Il est 10h05, nous marchons vers le bâtiment scientifique. Main dans la main, aucun de nous deux n'a prononcé un seul mot. Juste des regards de ma part, des sourires de la sienne. Nous arrivons dans le bureau spécifique aux maths. Il me fait pénétrer à l'intérieur puis referme à clé. Je ne sais pas comment réagir. Ca va faire 6 mois que je ne l'ai pas vu, 6 mois que je ne vis plus. Lui a pourtant l'air de bien aller. Il ne semble pas plus affecté par notre longue séparation. Cette constatation me transperce le cœur. Je me sens subitement encore plus mal que je ne l'ai jamais été. Savoir que pour lui, notre séparation ne l’a pas plus affecté que la mort d'un simple poisson rouge me tue, me resserre le cœur au point qu'il ne puisse plus fonctionner. Mais voila, je n'ai pas le temps de continuer dans mes pensées que je le sens me reprendre dans ses bras, et quelque chose d'humide et tiède couler dans mon cou, là où il a mis sa tête. Il pleure ?...

Il est 10h15, nous n'avons pas bougé. Je tente tant bien que mal de le calmer, mais ça ne semble pas marcher, au contraire, j'ai l'impression que ses larmes se font de plus en plus nombreuses. Il relève subitement la tête, plonge son regard dans le mien et m'embrasse. Ses lèvres m'ont tant manquées. Au bout de quelques minutes nos lèvres se séparent. Je veux savoir ce qu'il se passe, ce qu'il fait là... Pourquoi est-il là alors qu'il n'en a pas le droit ?

-" Je suis libre...

- Pardon ?! "

Il est libre ?! C'est impossible !

-" Je suis libre.

- Oui, ça j'avais compris, mais comment ça se fait ?

- Tu n'es pas heureux ?!

- Bien sûr que si !!! Mais c'est juste que...

- Tu n'arrive pas à y croire !

- Ouai.

- J'ai démissionné.

- QUOI ??!! Mais... et ton rêve ?!

- Mon rêve ?! Mais mon rêve... c'est toi !

- ... "

Il est 10h20, nous sommes toujours au même endroit. Cet homme, c'est mon amant, ou plutôt devrais-je dire "ex" amant. Il était mon prof' de maths, moi j'étais son élève. Et vous savez tous comme moi que ce genre de relations est interdit. Pendant de nombreux mois nous avons vécu une magnifique histoire, mais voila, un jour on nous a surpris ensemble entrain de s'embrasser. Par la suite il a été muté dans un autre établissement à des centaines de kilomètres sans possibilité de refuser, a moins de perdre son poste et de subir une série de procès pour attouchements sur mineur et autre conneries du genre. Quand à moi, je n'ai eu aucune représaille, à condition de me tenir loin de lui, de ne parler de cette histoire à personne. Mes parents me renièrent, disant qu'un fils "PD" couchant avec tout ce qui bouge, comme mon prof' de maths, ils n'en voulaient pas. C'est pour cela que je vis chez moi comme un fantôme. Ils ne m'ont pas chassé de chez eux, mais de leur cœur, ce qui est mille fois pire. Mes camarades de classe n'ont jamais rien su, du moins pas de moi, car je sais qu'ils savent bien plus de choses qu’ils ne le font croire.

-" La vie sans toi était trop dure ! Mon job n'est rien comparé à toi !

- ...

- Mais dis quelque chose ! Je t'en supplie ! Ne me dis pas que tu m’as déjà oublié !

- T'oublier ?! Jamais !!! Pendant 6 mois je n'ai fait que penser à toi ! Pendant 6 mois je n'ai fait que pleurer pour toi ! Ne me dis plus jamais que je t'ai oublié, c'est plutôt à moi de te dire ça !

- A moi ?! Sache que jamais je ne pourrai t'oublier, c'est pour cela que j'ai renoncé à mon emploi, pour toi, pour pouvoir enfin être avec toi ! Dans une semaine tu as 18 ans, donc dans une semaine tu viens avec moi, on part, tous les deux, loin de cette ville, loin de cette merde de vie qu'on a menée ici ! "

Il est 10h30, nous avons quitté le bâtiment scientifique. Je rejoins ma classe, lui sort de l'établissement. Dans une semaine il reviendra, dans 7 jours nous ne nous quitterons plus, plus jamais... A la vie, à la mort, pour le meilleur et pour le pire, jusqu'à ce que la mort nous sépare, ou nous réunisse, à tout jamais...

 

 

Par johanna - Publié dans : Mes textes
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Commentaires

Je t'ai déjà di ce que j'en pensais, mais je te laisse un comm puisque je vois que tu oses encore t'autocritiquer! Alors je te le dis c'est très bien écrit et je suis super contente, surtout de la fin! Je trouve que ce que tu fais est de mieux en mieux et que tu es sur une bonne lancée, alors la prochaine fois que tu dis des bétises genre "c'est pas bien" ou "je crois que j'écris mal", et ben tu aura le droit au martinet à clous ! Bon bon bon a part ça je suis une très gentille demoiselle ^^ et j'adore ce que t'écris.
Commentaire n°1 posté par Rhode le 16/03/2008 à 18h18
Cette histoire est vraiment génial et je vois rien à y redire. Merci
Commentaire n°2 posté par Flo ShadowSpirit le 20/06/2008 à 20h59
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